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Conseil du mois !
La vigne et le phylloxéra
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Les variétés de vignes
La vigne représente une grande famille, dont la plus importante, Vitis Vinifera, regroupe tous les cépages classiques destinés à la vinification : chasselas, pinot noir, cabernet sauvignon, etc.
Les espèces appartenant au sous-genre Euvites servent à faire des porte-greffes, généralement berlandieri, ripari ou rupestris. Ces espèces sont résistantes aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium) et parasitaires (phylloxéra) qui sont endémiques en Amérique du Nord et qui ont été amenées en Europe au 19ème siècle. Leur utilisation comme porte-greffe a permis de sauver les variétés vitis vinifera de la disparition totale
En Europe, l'espèce principale est Vitis vinifera, cultivée depuis la plus haute antiquité. On en recense plus de 10.000 variétés (ou cépages) dont quelques centaines, seulement, sont exploitées.
En Amérique, on connaît an moins 26 espèces parmi lesquelles on trouve vitis riparia, vitis rupestris, vitis berlandieri, etc.
Il existe aussi en Europe de l'Est une espèce sauvage appelée Saperavi servenyi qui résiste au très grand froid hivernal.
On trouve également en Asie une quarantaine d'espèces botaniques dont la plus connue est Vitis amurensis.
1860, l’invasion du phylloxéra en Europe
Des boutures de vignes américaines furent importées en Europe vers les années 1860, personne ne se doutait alors du désastre général qui allait s’ensuivre : la destruction du vignoble européen par le phylloxéra.
Ce puceron existe sous deux formes : une souterraine, le phylloxéra vastatrix, une larve qui pique les racines pour se nourrir, entraînant très rapidement la mort de la plante ; l’autre aérienne qui ne crée pas trop de dommage aux feuilles de vignes.
Dès 1860, plus de deux millions d’hectares furent touchés, cette invasion fut à l’époque considérée comme le plus grand désastre de l’histoire du vin.
Seules vignes préservées, celles des sols sableux du littoral méditerranéen qui ne conviennent pas à ce puceron. Pour survivre, il lui faut un minimum d’argile. Le vignoble du Chili échappa lui aussi à l’invasion du phylloxéra, grâce à la barrière montagneuse de la Cordillère des Andes. Pour désigner des vignes non greffées, on dit qu’elles sont cultivées « francs de pied ».
La lutte contre le phylloxéra
Pour lutter contre ce puceron, de nombreux traitements furent appliqués. Tous les insecticides, même les plus toxiques se révélèrent inefficaces. On fit venir des Etats-Unis le Tyroglyfus, prédateur naturel, hélas, il ne put s'accoutumer au climat européen.
Après avoir constaté l’aptitude de la vigne américaine à lutter contre le phylloxéra, les spécialistes tentèrent des hybridations, c’est-à-dire des croisements entre les vignes européennes et des vignes américaines. Bon résultat quant à la lutte contre le phylloxéra, mais déception du point de vue de la qualité gustative des vins : les espèces américaines dégageant toutes une odeur et une saveur foxée caractéristiques.
Dernière solution : Les porte-greffes
L’unique solution efficace trouvée fut le greffage : à la base de la plante, une espèce américaine - vu la résistance des racines au phylloxéra - hors sol, la partie greffée, c’est à dire une espèce européenne vitis vinifera, reconnue pour la qualité de ses fruits et des vins dont ils sont issus. Cette solution permit de reconstituer le vignoble et de reconsidérer les facteurs de qualité avec des porte-greffes bien adaptés à la nature du sol et à la situation géographique.
Le phylloxéra aujourd’hui
Aujourd’hui, et dans tous les pays viticoles – mis à part le Chili qui connaît l’absence totale de phylloxéra – il est rare de trouver des vignes cultivées « francs de pied », excepté dans toutes les zones sablonneuses où cet insecte ne peut survivre. Partout, il est devenu obligatoire de planter sur porte-greffes adaptés aux spéficités de chaque terroir, qu’il soit plus ou moins calcaire, argileux et humide, bien ou mal drainé, très caillouteux et sec, peu ou très productif.
Si l’origine de ce puceron appartient aux Etats-Unis, plus spécialement aux montagnes Rocheuses où les vignes berlandieri et riparia acquirent une résistance naturelle, la Californie fut à son tour infectée, en 1873, lorsque les cépages européens de l’espèce vinifera furent introduits. Le désastre par le dépérissement des vignes fut aussi meurtrier qu’en Europe ; les vignerons californiens adoptèrent eux aussi le même système de porte-greffes que leurs confrères européens.
Récemment, le professeur Dubourdieu de l’Université de Montpellier mit en garde les Californiens contre les problèmes rencontrés en France avec le porte-greffe AXR # 1. Mais les experts de l’Université de Davis n’en tinrent pas compte, ils continuèrent de le recommander par fascination commerciale, certains d’entre eux ayant investi généreusement dans la culture de ce porte-greffe. Or, vers les années 1980, arriva ce qui avait été prédit, les vignes dépérirent les unes après les autres et ce fut la ruine pour un bon nombre de petites entreprises. Pour faire face à ce fléau, plusieurs grandes maisons californiennes réunirent des fonds dans le but d’engager un avion militaire armé de caméras infrarouges, attendu que les ceps malades dégagent une chaleur plus intense, facile à détecter sur photo, les zones pigmentées correspondant à l’attaque du phylloxéra. Ce moyen efficace, permit de prévenir le désastre en arrachant bien plus tôt les souches attaquées, et gagner ainsi quelques années sans attendre le dépériss
ement de la plante déclarant une phase avancée du développement de la maladie.
Reproduction de la vigne
Soucieux d’amélioration, le viticulteur a toujours cherché à cultiver des variétés nouvelles à côté des cépages caractéristiques de sa région. Ses objectifs varient si le but finale est d’améliorer des :
Raisin de cuve : recherche de précocité ou de tardivité, d’amélioration de la couleur, des arômes, de la résistance à certains parasites¨
Raisin de table : résistance au transport, aspect plus attrayant, etc.
Porte-greffes : résistance au phylloxéra, au calcaire, à la reprise du bouturage.
Diverses possibilités s’offrent au spécialiste.
Désire-t-il provoquer des mutations, effectuer des croisements en espérant que les descendants héritent des caractères définis chez les parents. Pour cela, il doit s’appuyer sur les qualités et les défauts des différentes variétés
Qualités des vignes européennes :
Qualités fertilité, bons fruits, résistance au calcaire, bonne reprise de bouturage
Défauts sensibilité au phylloxéra, au mildiou et à l’oïdium
Qualités des vignes américaines :
Qualités Résistance au phylloxéra, au mildiou et à l’oïdium
Défauts : fertilité nulle ou très variable, mauvais fruits, résistance très variable au calcaire, reprise très variable du bouturage
Obtention de nouvelles variétés
Autrefois, l’unique possibilité de lutter contre le phylloxéra, était de reproduire la vigne :
par bouturage : bourgeon préformé mis en terre pour prendre racine
par provignage : un rameau enterré, puis séparé de la souche-mère après avoir pris racine
ou marcottage : le cep enterré et on laisse sortir quelques sarments (Versannes en Valais)
L’obtention de nouvelles variétés peut se faire par :
croisements (hybridation) entre cépages.
Les descendants sont des métis si le croisement a lieu à l’intérieur d’une espèce : exemple Sylvaner X Pinot gris.
ou hybrides lorsque deux espèces différentes sont en cause : exemple Chasselas X Labrusca
sélections massales, en choisissant les meilleurs plants d’un vignoble
sélections clonales, à partir d’une plante-mère par multiplication végétative
manipulations génétiques
hybrides interspécifiques plus résistants aux maladies : croisements entre différentes variétés de vitis vinifera. Ou autres espèces de vitis comme vinifera X amurensis, une variété cultivée en Chine et au Japon pour sa résistance aux grands froids. Ces mêmes plants s’avèrent d’ailleurs très utiles en Nouvelle-Zélande et en Angleterre.
Croisement
Le croisement consiste à féconder les fleurs d'une variété déterminée par le pollen des fleurs d'une autre variété. La vigne étant une plante « hermaphrodite », (c'est à dire dont la fleur peut être fécondée par son propre pollen), il est nécessaire de « castrer » la fleur en la privant de ses étamines. Au moment opportun, on apporte délicatement le pollen de l'autre variété choisie sur le stigmate de la fleur à féconder. Lorsque le fruit est à maturité, on en récolte les pépins qui sont, ensuite, plantés pour développer la nouvelle variété. Lorsque la plante a une taille suffisante, on en prélève des sarments dont on greffe des portions (avec bourgeon) sur les porte-greffes adéquats.
Hybridations
Le croisement entre deux variétés de même espèce s'appelle un « hybride-métissé ». C'est le cas du Müller-Thurgau (croisement entre les cépages Riesling et Chasselas effectué en Allemagne en 1882 par le professeur MÜLLER, célèbre ampélographe.
La mention « hybride producteur direct » désigne les variétés issues d'un premier croisement entre une espèce sauvage américaine et une variété de l'espèce vitis vinifera.
Le terme « producteur direct »vient de la résistance de ces variétés aux attaques du phylloxéra, ce qui permet de les planter « franc de pieds », c'est à dire sans devoir les greffer.
Lles espèces vinifera avec des espèces américaines en espérant créer de nouvelles variétés résistantes à ces maladies grâce à l'héritage des propriétés de ces dernières. On les a appelle « hybride » ou « interspécifique »
La recherche
Les expériences menées dans les universités et les centres de recherche tiennent compte de la résistance aux maladies, des parasites, des aléas climatiques et de la spécificité des sols. Certaines cellules de la vigne sont cultivées in vitro et exposées aux phénomènes contres lesquels on désire stimuler leur résistance. On recrée ensuite une plante à partir de celles qui ont survécus.
Ces dernières trente années, les stations de recherche ont centré leurs efforts sur des cépages productifs, résistants aux maladies communes de la vigne : mildiou, oïdium ou pourriture grise. Le défi principal étant de fournir des clones faciles à cultiver.
En Suisse, les recherches de l’époque étaient faites sur le mode de culture gobelet, taille courte basée sur la fertilité des yeux de base. Plus tard, par soucis de mécanisation, les vignerons ont adopté la conduite sur fil de fer, fertilisant de ce fait les yeux du haut du serment, plus prolifiques. D’où une plus grande productivité, sans oublier les réchauffements climatiques et les fertilisants…
Devant le problème mondial de surproduction, il ne reste plus d’autre alternative que de réduire la quantité et ne cultiver que ce qui peut être vendu ! Tout repenser, c’est-à-dire la façon de cultiver pour revenir à une logique terrienne de biodynamie, adopter des souches moins généreuses, les anciens clones de chasselas-fendant à petites grappes par exemple.
Ampélographie
C'est la science et l'étude de la vigne et de ses caractères. Le terme vient de « ampélos » qui signifie vigne en grecque. La vigne fait partie de la famille des ampélidacées. Le premier traité d'ampélographie a été publié en 1911 par 2 savants français Viala et Vermorel.
Organoleptique
Ce terme désigne toutes les impressions sensorielles liées au goût et à l'odorat.
Interspécifique
Une variété résultant du croisement entre des variétés d'espèces différentes s'appelle un « hybride »ou un « interspécifique ».
Il n'existe actuellement pas de critères permettant de différencier le terme « hybride » du terme « interspécifique » bien qu'il y ait une certaine ambiguïté au sujet de la désignation d'une variété résultant d'un premier croisement entre une espèce botanique et une variété de l'espèce vitis vinifera par rapport à un croisement entre un interspécifique de la 4ème ou 5ème génération et une variété de l'espèce vitis vinifera. Il est évident que le génome du premier diffère considérablement de celui du second et que leur appartenance à un taxon botanique devrait également être précisée.
Classification
C'est la reconnaissance juridique, technique et scientifique, à part entière et définitive d'une variété comme faisant partie des cépages vitis vinifera c'est-à-dire produisant des fruits d'une qualité permettant l'élaboration de VQPRD (Vin de Qualité Produit dans une Région Déterminée). Cette mention européenne couvre tous les vins d'appellation d'origine produits dans l'union européenne.
Taxonomique - Taxon
En botanique, le taxon est l'ensemble des caractéristiques permettant de créer une unité quelconque de la classification (espèce, variété) dès lors que cette unité est valablement définie quant à son niveau systématique et à sa dénomination.
L'enregistrement d'une nouvelle variété dans une liste nationale est basé sur une série de tests d'aptitude comprenant l'évaluation des caractéristiques viticulturales et de la qualité des vins qu'elle produit. C'est seulement après que ces deux exigences ont été satisfaites (ce qui signifie que la nouvelle variété ne peut plus être distinguée taxonomiquement d'un vitis vinifera et que la bonne qualité du vin produit est confirmée)que la nouvelle variété est « classifiée » c'est-à-dire admise pour la production de vin de qualité.
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