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Le Femme du Mois
Anne-Françoise Neyroud, Chardonne


Interview du mois de Novembre- Anne-Françoise Neyroud, Chardonne


Vous pouvez consulter la rubrique "La Femme du mois" sur la gauche de l'écran pour découvrir les élues des mois précedents.

Questionnaire de Anne-Françoise Neyroud, Chardonne

Son parcours de vie :

Originaire de Chexbres où j’ai suivi ma scolarité, je vivais dans un environnement totalement tourné vers le monde du vin. Mon père était agriculteur et vigneron indépendant. Suite à sa maladie, les enfants se sont investis dans l’affaire par solidarité familiale. Très jeunes, tous ont participé aux travaux les plus importants : culture de la vigne, sulfatage ; voire même, conduite du tracteur. A la cave, il fallait aider à presser le raisin, à vinifier, à déguster. Intéressant.
Mais un village, c’est un peu petit pour une jeune fille. L’envie de découvrir le vaste monde devient tenace et, pour parvenir à ce but, j’ai suivi une école de tourisme, parfait les langues en Allemagne dans un Hôtel de Baden, puis l’anglais dans une école spécialisée au Royaume uni.
A mon retour, j’ai obtenu une place de travail chez Kodak à Renens, puis chez un grand architecte de Lausanne. Pour me rapprocher du métier de la terre, j’ai également suivi l’Ecole ménagère de Marcellin.
Quant aux espaces temps, j’ai eu la change de pouvoir ménager des périodes de voyages qui ont permis de découvrir des pays tels que le Brésil, Paraguay, Bolivie, Pérou et Equateur. Ensuite, avec mon futur mari, l’Inde, le Népal, la Birmanie, Singapour. A l’opposé, l’Asie, le Mexique, Guatemala, Belize et la Californie.
Mariage en 1991, 3 enfants, un mari, un domaine viticole, des clients… il y a de quoi faire. Mais construire l’avenir avec ma petite famille, c’est un vrai bonheur !

Parlez-nous de votre première expérience avec le vin

Mon père était agriculteur et vigneron. Comme tous les adolescentes, je tenais à l’accompagner pour découvrir son monde et éprouver la fierté de m’identifier à ce qu’il faisait. Mon premier travail fut de nettoyer les tonneaux. Il fallait frapper les douelles pour vérifier leur solidité, ensuite, entrer dans les foudres et frotter la gravelle qui s’y était incrustée. Un travail épuisant, mais gratifiant.
Quel événement vous a poussé à basculer dans le monde du vin ?
Mon père est tombé gravement malade. D’où la nécessité de l’aider dans les travaux de cave. Au niveau de notre petite exploitation, et en suivant ses explications, j’ai appris les rudiments de la vinification : presser le raisin blanc, débourber, transvaser, suivre les vinifications. C’était passionnant, d’autant plus que mon travail était indispensable. Et la fierté de mon père était d’autant plus encourageante.

Quand et avec quel vin avez-vous ressenti une vraie et première émotion ?

Avec les chasselas de la région, j’ai participé à plusieurs concours locaux. Cela m'amusait de retrouver les différences entre régions, les trouver, les situer. Autrefois, j'ai participé aux concours des millésimes du Concours Jean-Louis, et j'ai même eu l'occasion de concourir à un barrage des millésimes de rouges. Cela consiste en une épreuve parallèle afin de sortir le meilleur de tous les candidats qui ont réussi cette épreuve.

Dans votre projection d’études et de carrière, aviez-vous prévu de travailler un jour dans le monde du vin ? Ou était-ce à mille lieues de votre vision du futur ?

Oui, j'ai toujours eu envie de reprendre l’affaire familiale. Avec 1,5 ha de vignes situées à Epesses, l’environnement vous incite à suivre naturellement les métiers de la vigne. Le destin. Cependant, j’ai toujours pensé qu’il était utile de suivre une autre formation, d’où mon intérêt pour la gestion et l’intendance. J’ai donc choisi le secrétariat, ce qui m’a fait découvrir le monde de la l’hôtellerie et un bureau d’architecte.

Dans la gestion de votre Domaine vous êtes deux, votre mari et vous-même. Votre apport est-il indispensable et quelles sont vos tâches prioritaires ?

Je m'occupe particulièrement de l'accueil des clients, ainsi que du bureau et de la comptabilité. 80 % de la vente de nos vins se fait au domaine. Cela demande beaucoup d’investissement personnel et de présence.

Comment faîtes-vous pour assumer votre rôle de maman et celui de la gestion des tâches dans votre entreprise ?

C'est vrai qu'avec 3 enfants scolarisés, ce n'est pas toujours facile ! Il faut jongler et nous ne comptons pas nos heures de travail. S’organiser pour faire face à tous les impondérables, par exemple, préparer le repas de midi tôt le matin, si des clients arrivent à l’improviste…

Avez-vous suivi des cours spécifiques pour améliorer vos compétences dans le vin?

J'ai décidé de suivre un stage d'une année chez M. Maurice Dentan vigneron à Chardonne. Comme il donnait des cours à l’Ecole de Marcelin, ainsi qu'à l'Université populaire, j’ai pu bénéficier de son savoir. Un second stage d'une année à la Commune de Pully, m’a permis de compléter cette formation avec Dyonis Nanchen qui venait de terminer sa maîtrise. Cette exploitation était davantage mécanisée. Une autre approche.

En matière de vinification, jouez-vous un rôle prépondérant dans le suivi des vins, votre avis est-il écouté et déterminant ?

Je participe aux dégustations, mon mari aime toujours connaître mon avis. Cela donne une orientation, mais il reste totalement responsable de la vinification et de la gestion de la cave.

Lorsque vous recevez des amis, présentez-vous systématiquement les vins de votre production ?

Oui, en principe, je propose toujours quelques vins de notre production. Sans oublier d’ouvrir la découverte au monde du vin, une occasion appréciée de déguster d’autres crus, de s’informer, de constater ce qui se fait dans le vaste monde viticole.

Des professionnels du vin, avez-vous souffert de remarques négatives, ou ont-elles toujours été positives ?

Disons que l’on est toujours content de recevoir des compliments. Quant aux critiques, elles sont toujours utiles pour s'améliorer. A chacun ses goûts.

Parmi les œnologues de Suisse et du monde, y a-t-il une personnalité, un maître que vous admirez plus que tout ? Est-il (ou elle) votre guide ?

Dans chaque région, nous avons la chance de rencontrer de bons œnologues et de pouvoir échanger nos idées, c'est très important. Mon maître, c'est Dieu. J'adresse aussi ma reconnaissance à Noé qui a planté le premier cep.

Quelle livre recommandez-vous aux femmes qui désirent parfaire leurs connaissances du vin

Connaissance des Vins Suisses, OFD Communication. Ce livre donne un aperçu sur les particularités du monde viticole helvétique.

Quelle est votre dernière découverte en matière de restaurant ?

Dans la région, nous avons la chance de compter sur de nombreux et très bons restaurants. J'aime particulièrement l'Auberge de la Veveyse à St-Légier. La cuisine est excellente, et l'accueil tout à fait personnalisé.

  • Quelle recette proposez-vous à nos membres ?
  • Filet mignon de porc à la crème et aux tomates séchées.

Ingrédients pour 5 à 6 pers.
100 g de tomates séchées à l'huile d'olive (poids égoutté)
1 gousse d'ail
2 échalotes
600 à 800 gr. de filet mignon de porc
Sel et poivre du moulin
1 filet d’huile et 2 cs de beurre à rôtir (l’huile empêche le beurre de noircir)
150 ml de Pinot noir
200 ml de fond de veau
300 ml de crème

Marche à suivre
Préchauffer le four à 80 degrés; en même temps, glisser un plat au four.
Egoutter les tomates sur du papier absorbant alimentaire. Couper en lamelles.
Peler et hacher finement l'ail et l'échalote
Saler et poivrer le filet mignon de porc

A haute température, bien saisir le filet sur toutes les faces. Jeter les corps gras et déglacer à l’eau pour récupérer les sucs de viande. Ajouter à la sauce par la suite.

Déposer le filet bien doré dans le fait-tout en fonte. Continuer la cuisson au four pendant 1 h 1/2 - 1 h 3/4 à 80 degrés.
Ajouter les tomates, les échalotes et l'ail. Brasser, puis mouiller avec le vin prévu pour la recette, et laisser réduire de moitié. (Le Pinot a l’avantage de rafraîchir les saveurs du fait de son acidité. Le Porto apporte une touche moelleuse). Attention, le vin prévu pour la recette doit être servi à table).
Ajouter le fond de veau et laisser réduire le tout à 150 ml.
Couper des belles tranches fines dans un plat de service
Dans le fait-tout ajouter la crème et brasser jusqu’à obtenir une sauce onctueuse. (Attention, la crème tourne à haute température)

Mariage met et vin

Voilà un met facile à marier. Les plats mijotés font partie des traditions gastronomiques d’autrefois. Considérés comme des mets rustiques, ils s’accordent avec des vins authentiques et représentatifs d’une région.
Pensons au Plan-Robert, au Gamaret et Garanoir, mais aussi à la Durize, Mondeuse et autres plants qui font partie du patrimoine local
Les plats mijotés supportent aussi bien les vins fruités et tendres, tels les Pinot noirs, que les crus tanniques. Le côté crémeux de la recette ayant l’avantage de gommer une trop forte astringence des tanins.


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