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La Femme du Mois
Madame Madeleine Gay, oenologue
Madeleine Gay, œnologue responsable des vins haut de gamme de la Maison Provins en Valais.
Son parcours de vie
Ingénieur ETS en viticulture et œnologie, diplômée de l’Ecole d’œnologie de Changins, Madeleine Gay travaille chez Provins (coopérative valaisanne) depuis plus de 25 ans. Elle fut à l’origine de la révolution qualitative entreprise par Provins.
A partir d’un nouveau programme d’encépagement lié au terroir correspondant, elle a mis sur pied des contrats de culture contrôlée ayant pour but d’améliorer la qualité des raisins.
Elle a toujours défendu avec vigueur les spécialités autochtones valaisannes.
Aujourd’hui, elle est responsable de la vinification des vins haut de gamme de la maison Provins soit les séries Maître de Chais et Crus des Domaine dont le rayonnement s’inscrit au niveau international. A relever les nombreuses médailles d’or et d’argent glanées par Provins en 2005 au Concours Mondial de Bruxelles, à Vinitaly et aux Vinalies Internationales de Paris.
Sans oublier les vins d’assemblage Maître de Chais tel le « Rouge d’Enfer » et le « Vieilles Vignes » vinifiés par Madeleine Gay, deux crus régulièrement distingués dans les nombreux Concours internationaux. Et cela depuis 1997.
Parlez-nous de votre première expérience avec le vin
Mes premières dégustations eurent lieu à l’Office de la viticulture à Châteauneuf près de Sion, où j’ai eu le plaisir de découvrir que le vin n’était pas seulement une boisson alcoolique. Auparavant, je voyais surtout les mauvais côtés de l’alcool, les excès des soirées arrosées et les gens qui devenaient soit grossiers ou agressifs. Les dégustations professionnelles m’ont permis de repérer et d’apprécier la complexité des arômes, la diversité des goûts, ce qui donne une tout autre approche à la connaissance du vin, j’y ai trouvé beaucoup d’intérêt.
Quel événement vous a poussé à basculer dans le monde du vin ?
Ayant constaté que l’on produisait du vin dans de nombreux pays, je me suis dit que les métiers du vins pouvaient me donner la possibilité de voyager et de trouver du travail en voyageant. Ce que je n’ai d’ailleurs jamais fait par la suite !
Quand et avec quel vin avez-vous ressenti une vraie et première émotion ?
Lorsque j’ai gouté un château Latour du millésime 1975, lors de dégustations de grands vins de Bordeaux. A cet instant, j’ai perçu une texture unique qui dégageait une concentration et une harmonie inégalable. De plus, en finale les tannins laissaient en bouche une saveur de thé noir. A cet instant je me suis dit : « un jour, j’aimerai mois aussi élaborer un vin doté d’une semblable complexité ».
Pensez-vous que votre perception du vin soit différente de celle des hommes ?
Oui car j’ai peur de l’alcool, j’aime le goût des vins mais je me méfie de l’effet de l’alcool sur mes perceptions.
Quelle fut pour vous l’occasion la plus romantique avec une bouteille de vin ?
Je ne suis pas à l’aise avec le romantisme, je préfère le côté épicurien lié au vin et à la bonne chère sans oublier la chair tout court.
Quelle bouteille vous a laissé le meilleur souvenir ?
Un château Margaux 1982, avec lequel j’ai découvert l’équilibre parfait entre la structure fine et serrée et les tannins veloutés. Sans oublier les arômes particuliers des vins de Bordeaux qui comptent parmi mes meilleurs souvenirs vineux.
Et le pire, par méconnaissance ?
La bouteille en trop...
Lorsque vous recevez des amis, présentez-vous systématiquement les vins de votre production ?
Non, je préfère présenter des vins que j’ai particulièrement appréciés dans d’autres régions et partager mes découvertes
Dans le monde des professionnels du vin, les remarques ont-elles toujours été positives ?
Il faut dire que dans le monde du vin, les professionnels sont très exigeants. Parfois, les personnes se critiquent entre elles, ce qui n’est pas sans intérêt quant aux remarques négatives car elles permettent de progresser et de se remettre en question.
Parmi les œnologues de Suisse et du monde, y a-t-il une personnalité, un maître que vous admirez plus que tout ? Est-il (ou elle) votre guide ?
J’ai beaucoup d’admiration pour Marie-Thérèse Chappaz, je pense qu’elle a beaucoup contribué à la reconnaissance de la qualité des vins suisses. Je n’ai pas de guide en tant que personne, en revanche, mon guide c’est ma perception lorsque je goûte des grands vins.
N’y a-t-il pas une propension helvétique à vouloir vinifier des vins parfaitement propres, en les centrifugeant et en les clarifiant plusieurs fois, pour terminer par une filtration serrée avant la mise en bouteille. Est-ce vraiment nécessaire ? Avez-vous changé ou apporté une autre philosophie ?
Je n’aime pas du tout les vins dépouillés, soit par excès de collage ou par excès de filtration. Cela dit, c’est la matière première qui reste à la base de la structure d’un vin, par la suite, le respect de l’élevage. Il est très important de trouver un équilibre et la juste mesure entre le « limpide » et le « trop propre en ordre » !
Quelle livre recommandez-vous aux femmes qui désirent parfaire leurs connaissances du vin
« Le goût de vin » d’Emile Peynaud, Edition Dunod. Ce célèbre œnologue français présente un livre technique très agréable à lire et truffé de renseignements sur le domaine du vin.
Quelle est votre dernière découverte en matière de restaurant :
Je recommande vivement « L’enclos de Valère « à Sion parce que la cuisine est fine et savoureuse et se met au service des produits du terroir. En été, la terrasse est superbe, un ilot de verdure au cœur de la vieille ville de Sion.
Quelle recette proposez-vous à nos membres ?
Les choux rouges au vin liquoreux
Ingrédients :
500 gr. de choux rouges finement émincés
50 gr lard
50 cl de vin liquoreux et 1 dl vinaigre
2 pommes et 2 oignons, dont un piqué d’une feuille de laurier, sel et poivre.
Marche à suivre :
Griller le lard puis le répartir au fond d’un plat allant au four
Mélanger les choux, les pommes, l’oignon émincé, l’oignon piqué d’une feuille de laurier, le sel, le vin et le vinaigre.
Couvrir d’une feuille d’aluminium, sans oublier de poser une assiette ou un couvercle dans le but de comprimer le tout.
Au four, cuire à feu doux durant deux heures, jusqu'à ce que le liquide se soit évaporé.
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