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La Femme du mois
Madame Coraline de Wurstemberger

Coraline de Wurstemberger, propriétaire du Domaine de Hautecour à Mont-sur-Rolle



Mon parcours de vie :

Née à Paris de parents suisses, je suis souvent venue à Mont-sur-Rolle rendre visite à ma grand’mère paternelle qui possédait le domaine. C’était une grande Dame : femme d’ambassadeur, elle m’a appris les bonnes manières, la broderie et m’a transmis son amour pour ses vignes. Même si elle me disait que je serais un jour propriétaire de son domaine, comme j’étais très citadine et ne me voyais pas habiter à la campagne… et pourtant ! Après avoir longtemps tourné autour du pot, étudié, voyagé, je suis finalement venue m’installer à Mont sur Rolle en 1994. C’était une vraie envie !

En 1995, pour rendre hommage à ma grand’mère, j’ai appelé la première spécialité, le Chasselas sur lie, la Dame de Hautecour, en souvenir de ma grand’mère. Depuis, je suis devenue propriétaire de mon domaine et en 2003, je l’ai rebaptisé Les Dames de Hautecour, car, en recherchant dans les archives, j’ai découvert que depuis 1649, ce domaine avait été tenu par des femmes.

  • Questionnaire et Recette du mois

Parlez-nous de votre première expérience avec le vin :

mon père nous permettait de boire un verre lors des fêtes, de l’Asti Spumante : des bulles ! C’était italien, cela sentait les vacances et la fête, et nous aimions le boire en famille. Maintenant je n’aime plus du tout ce vin…en ayant goûté de bien meilleurs !

Quel événement vous a poussé à basculer dans le monde du vin ?

Le décès de mon père et la passion transmise par ma grand’mère.

Quand et avec quel vin avez-vous ressenti une vraie et première émotion ?

Pas la première émotion, mais la plus impressionnante ! Un Chasselas du Domaine 1895. J’ai ouvert cette bouteille avec de amis pour le passage en l’an 2000 : le livre de vendanges ouvert à la page de l’année, dans la cave de vinification entourée des fûts : quel vin ! Digne d’un grand Chablis ! La robe dorée, les arômes de miel, le gras en bouche… c’était magique !

Pensez-vous que votre perception du vin soit différente de celle des hommes ? Non, pas particulièrement : l’essentiel est la sincérité.

Quelle est pour vous l’occasion la plus romantique avec une bouteille de vin ? Quelques bulles au frais sur le bord de la fenêtre à boire à deux au milieu de la nuit…


Quelle bouteille vous a laissé le meilleur souvenir ? Un très vieux Bordeaux : Château Paveil de Luze 1949. Le petit Jésus en culotte de velours ! ! !
Et le pire ? Une bouteille bouchonnée !

Lorsque vous recevez des amis, présentez-vous systématiquement les vins de votre production ?

Ah non, rarement, à moins que mes amis soient étrangers. Sinon c’est toujours l’occasion d’ouvrir les bonnes bouteilles de ma cave personnelle.

Dans le monde des professionnels du vin, les remarques ont-elles toujours été positives ?
s’il y a eu des remarques négatives, je ne me rappelle plus…

Parmi les œnologues de Suisse et du monde, y a-t-il une personnalité, un maître que vous admirez plus que tout ?
Est-il (ou elle) votre guide ?

J’ai beaucoup d’admiration pour mon œnologue, Claude Jaccard. Œnologue sur plusieurs domaines, Il reste modeste, toujours à l’écoute, manie la diplomatie avec art et donne toujours de bons conseils. Il connaît son métier sur le bout des doigts et élabore de très beaux vins tout en respectant les désirs de ses clients.

N’y a-t-il pas une propension helvétique à vouloir vinifier des vins parfaitement propres en ordre, en les centrifugeant et en les clarifiant plusieurs fois, pour terminer par une filtration serrée avant la mise en bouteille. Vous éloignez-vous de cette philosophie ou pensez-vous qu’elle soit vraiment nécessaire?

Cette mode n’est pas vraiment helvétique, elle est plutôt mondiale…Je ne crois pas que l’uniformisation du goût soit de mise en Suisse. Nous cherchons à faire des vins équilibrés, qui expriment leur terroir. Je mise beaucoup sur la tradition et l’artisanat : culture basse à la vigne, vinification dans les foudres centenaires de la famille… mais je profite également des nouvelles découvertes technologiques pour améliorer les vins.

Quel livre recommandez-vous aux femmes qui désirent parfaire leurs connaissances du vin ?
Le Vin et sa Musique de Ylan Schwartz (édition Arts et Arts), même si on y parle que des châteaux bordelais, de cabernet, de merlot, quelle belle idée que de marier la musique au vin et à la peinture ! On feuillette ce beau livre en rêvant aux couleurs de la robe et aux saveurs du vin.

Quelle est le restaurant que vous conseillez ? L’auberge du Cœur de la Côte à Mont-sur-Rolle.
C’est une excellente auberge communale. L’atmosphère y est simple et soignée, la cuisine goûteuse. Je recommande particulièrement les filets de perches (frais, légers) et la chasse cuisinée aux fruits frais. La vue de la terrasse l’été est très belle. De plus, chaque mois, un ou deux vins des vignerons du village sont sélectionnés et servis à la bouteille ou au verre à des prix très raisonnables.


LA RECETTE DE LA FEMME DU MOIS

Tarte au Chasselas

Ingrédients pour la pâte sablée
225g de farine
½ c. à café de sel
1 à 2 c. à soupe de sucre
100g de margarine ou de beurre
1 œuf battu
Garniture
125g de sucre
¼ de c. à café de cannelle
1 ½ c. à soupe de farine
2dl de Chasselas
quelques flocons de margarine ou de beurre

Marche à suivre

Mélanger farine, sel et sucre.
Ajouter la margarine ou le beurre coupés en petits morceaux et sabler le mélange du bout des doigts avec les mains fraîches.
Ajouter l’œuf et rassembler rapidement la pâte.
Laisser reposer au moins ½ heure au frais.
Abaisser la pâte et foncer le moule.
Bien piquer l’abaisse à la fourchette.
Garniture : mélanger sucre, cannelle et farine, parsemer l’abaisse, verser délicatement le vin dessus et garnir avec des flocons de margarine ou de beurre.
Cuisson : env. 35 minutes sur la rainure inférieure du four préchauffé à 220°.
La garniture doit être encore sirupeuse.

C’est délicieux pour accompagner un chasselas !


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