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Madame Dominique Seingre Passaquay

Dominique Seingre Passaquay

Née à Monthey en Valais, Dominique Seingre Passaquay est ingénieure horticole ETS de formation et travaille comme journaliste spécialisée, correspondante pour la Suisse romande d'un hebdomadaire suisse alémanique traitant d'horticulture.
Mariée à Dominique Passaquay et mère de trois enfants de 14, 12 et 8 ans, elle collabore à l'entreprise viti-vinicole de son mari, s'occupant plus particulièrement de la gestion administrative de l'exploitation familiale.

Questionnaire

Parlez-nous de votre première expérience avec le vin

Je ne saurais dire la première fois que j’ai bu du vin. Mais ma première expérience est certainement celle-ci: très jeune, une vieille tante nous versait une goutte de vin rouge dans un ballon d’eau additionné d’un carré de sucre. Le verre à pied nous enchantait et le petit goût acidulé était plaisant.

Quel événement vous a poussé à basculer dans le monde du vin ?

Mon compagnon, Dominique Passaquay, qui est devenu par la suite mon mari, a changé d’orientation professionnelle au milieu des années ‘80. De laborant en chimie, il a choisi après un voyage en Bourgogne, de s’orienter vers l’œnologie. Pour cela il devait d’abord effectuer un stage d’une année chez un vigneron puis ensuite réussir les épreuves d’entrée à l’école d’ingénieurs de Changins. C’est le chemin qu’il a fait et je l’ai naturellement suivi dans ce parcours professionnel qui était proche du mien puisque j’étais à ce moment là à l’école d’ingénieurs de Lullier. Depuis 5 ans, nous y sommes vraiment puisque nous exploitons un domaine et une cave en tant qu’indépendants.

Quand et avec quel vin avez-vous ressenti une vraie et première émotion ?

J’ai goûté à la fin des années ‘80 des Tokay en Hongrie, ou, nous les avions rapportés de là-bas. J’ai encore leur goût en bouche.

Dans votre projection d’études et de carrière, aviez-vous prévu de travailler un jour dans le monde du vin ? Ou était-ce à mille lieues de votre vision du futur ?

Depuis 20 ans, je savais que je côtoierai le monde du vin de par la formation de mon mari. Mais initialement, ce n’était bien sûr pas dans un plan de carrière que je n’ai d’ailleurs jamais eu.

Dans la gestion de votre Domaine vous êtes deux, votre mari et vous-même. Votre apport est-il indispensable et quelles sont vos tâches prioritaires ?

Mon mari s’occupe des vignes et de l’élaboration des vins. Il se déplace pour de la représentation et accueille les clients à la cave en fin de semaine. En plus de mon travail de journaliste spécialisée pour un hebdomadaire traitant d’horticulture, je m’occupe de toute la partie administrative, courrier, comptabilité, facturation et de l’accueil des clients à la cave la semaine. Mon bureau étant à la maison, je suis en principe disponible.

Comment faîtes-vous pour assumer votre rôle de maman et celui de la gestion des tâches dans votre entreprise ?

Nos trois enfants vont à l’école ce qui me laisse passablement de temps pour vaquer à mes occupations familiales et professionnelles. Les jours de la semaine où ils ont congé, je ne travaille pas ou en tout cas pas de manière continue et seulement pour les affaires urgentes. J’ai pour principe d’éviter le stress qui vous fait tout faire de travers en espérant être quelque peu organisée. L’été, je me lève à l’aube, en même temps que mon mari qui part travailler à la vigne, et je travaille jusqu’au réveil des enfants.

Avez-vous suivi des cours spécifiques pour améliorer vos compétences dans le vin?

Mon mari a plusieurs fois donné des cours de dégustation, j’en ai suivi au moins un et j’apprends avec lui lorsque nous dégustons ensemble.

En matière de vinification, jouez-vous un rôle prépondérant dans le suivi des vins, votre avis est-il écouté et déterminant après dégustation des vins en cuve ?

Je déguste les vins dans leur dernière phase d’élaboration et donne mon avis ou mes préférences. Je crois que l’élaboration finale est un partage. L’œnologue doit aussi prendre l’avis de son entourage, professionnel ou néophyte, pour savoir s’il est sur le bon chemin et si son produit plaira.

Lorsque vous recevez des amis, présentez-vous systématiquement les vins de votre production ?

Je m’occupe très rarement du choix des vins pour les repas. Nous apprécions aussi de déguster des vins d’autres vignerons suisses ou de l’étranger. Il y a tellement de belles découvertes à faire chez les vignerons suisses.

Dans le monde des professionnels du vin, avez-vous souffert de remarques négatives, ou ont-elles toujours été positives ?

Je n’ai jamais eu à essuyer des remarques négatives quant à ma personne. Quant aux produits, il faut naturellement imaginer que les autres n’ont parfois pas la même perception d’un vin que vous et qu’il faut être réceptif aux observations ou critiques. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai appris à dire « je n’aime pas » plutôt que « ce n’est pas bon ».

Parmi les œnologues de Suisse et du monde, y a-t-il une personnalité, un maître que vous admirez plus que tout ? Est-il (ou elle) votre guide ?
Non.

Quelle livre recommandez-vous aux femmes qui désirent parfaire leurs connaissances du vin

C’est un beau livre : L’école de la dégustation de Pierre Casamayor aux éditions Hachette et pour la Suisse Mondo. Je lis également avec plaisir la revue Vinum.

Quelle est votre dernière découverte en matière de restaurant: nom du restaurant et dire pourquoi il est particulier ?

Je ne cours pas les restaurants gastronomiques mais une bonne table de temps en temps me réjouit des semaines à l’avance. Ainsi, j’ai mangé dernièrement au Restaurant Sternen à Walschwill au bord du lac de Zoug. C’est l’une des cents meilleures tables de Suisse et je n’ai pas regretté le déplacement. La bâtisse en bois, typique de cette région de Suisse centrale, était particulièrement bien décorée et rendait l’endroit chaleureux et accueillant. Au cœur de l’hiver, on s’y sentait comme dans un cocon douillet. La cuisine sobre, inventive et goûteuse du chef René Weder et le service de son épouse Christine ont rendu cette soirée très agréable.

  • Quelle recette proposez-vous à nos membres ?

Un lapin au genièvre et à la bière :

Ingrédients pour 4 personnes
1 lapin d’un kilo et demi coupé en 8 morceaux
125 g de très fines tranches de jambon fumé
1 cs de baies de genièvre
½ l de bière blonde
12 gousses d’ail
2 brins de romarin
6 feuilles de laurier
1 noix de beurre, sel et poivre

Marche à suivre
Préchauffez le four à 250° (thermostat 8), beurrez un plat à feu rectangulaire. Pelez les gousses d’ail en leur laissant leur dernière peau. Coupez les tranches de jambon en 4.

Rangez les morceaux de lapin dans le plat. Salez et poivrez. Placez le jambon, le laurier, l’ail, le romarin et le genièvre entre les morceaux de lapin. Arrosez de bière.

Glissez le plat au four lorsque celui-ci est chaud. Laissez cuire 20 minutes, puis retournez les morceaux. Laissez cuire 20 minutes en les retournant deux fois, puis 20 dernières minutes, en les retournant toutes les 5 minutes.

A la fin de la cuisson les morceaux de lapin sont caramélisés, enrobés d’un jus parfumé. Servez chaud dans le plat de cuisson.

Accompagnez d’une polenta ou d’une purée montée à l’huile d’olive.

Vin d’accompagnement : un assemblage rouge du Valais (Syrah et Diolinoir).


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